Comprendre l’accord entre la Grèce et l’Eurogroupe

Pour comprendre l’accord noué entre Athènes et ses créditeurs, mais aussi réfléchir sur sa signification, quelques lectures peuvent être recommandées. D’abord celle des articles du journaliste économique de La Tribune, Romaric Godin, remarquablement informé et véritable stakhanoviste du clavier. On lira avec profit son résumé de l’accord et sa tentative de départager les gagnants et les perdants. Sa conclusion est celle d’un match nul. Comptabilisant un score de 5 à 5 entre Grèce et Allemagne à partir de plusieurs critères, il concède que ce résultat « ne correspond sans doute pas à la réalité, car il faudrait pondérer les victoires et les défaites des uns et des autres. La Grèce a certainement plus cédé dans les faits que l’Allemagne, mais sa résistance est une immense victoire. Ce score montre pourtant l’essentiel : la partie n’est pas jouée et c’est sans doute pour cela que tout le monde crie victoire ».

On peut ensuite se frotter au raisonnement du politiste Christophe Bouillaud, qui utilise la métaphore inattendue de la copropriété pour analyser les relations entre Etats membres de l’UE : « la zone Euro n’est vraiment pas à ce stade une fédération en devenir, ni même un Empire un peu soucieux de ses « marches », mais ressemble plutôt à une copropriété litigieuse où les charges communes seraient réparties sans même tenir compte des sujétions particulières de certains. [Ces négociations] me font en effet de plus en plus penser par analogie à une réunion de copropriétaires. On est forcé de s’entendre […] mais on ne s’aime pas du tout, et sans doute de moins en moins à mesure que les litiges s’accumulent au fil des années. »

Enfin, je renvoie à cette analyse rédigée avec Nicolas Gonzales, et publiée par Slate. Nous soulignons la nécessité qu’avait chaque acteur d’ « acheter du temps », et en quoi le cadre des négociations de l’UE pousse à des compromis insatisfaisants et peu durables.

Fabien Escalona

Une réflexion sur “Comprendre l’accord entre la Grèce et l’Eurogroupe

  1. Pour comprendre cet accord, il est aussi intéressant de se pencher sur la personnalité de ceux qui l’ont négocié du côté grec notamment grâce au portrait très documenté que font Les Echos de Yanis Varoufakis. Plus intéressé par le geste que par le fond, il a manifestement réussi à convaincre certains observateurs (dont celui de la Tribune que vous citez) qu’une forme d’égalité avait été trouvée alors même qu’aucun des engagements de Syriza n’est finalement réellement respecté.

    http://www.lesechos.fr/journal20150226/lec1_enquete/0204183440704-varoufakis-ministre-pour-la-beaute-du-geste-1096817.php

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