Mettons Internet au service de la démocratie

« Faut-il changer de Constitution ? » Alors que le sentiment d’être représenté par les hommes politiques est plus bas que jamais en France, le débat actuel sur les institutions françaises relance la question épineuse de savoir comment représenter les citoyens.

Une activiste argentine, Pia Mancini, a raconté dans une conférence sur TED, comment elle a essayé de mettre en place une nouvelle représentation, basée sur un outil numérique : Democracy OS.

Son diagnostic ? Nos systèmes politiques, qui datent du XIXème siècle, sont anciens ; mais ils reposent sur un système d’information encore plus ancien, remontant au XVème siècle : l’écrit. Cette combinaison produit une séparation stricte entre quelques représentants, qui prennent des décisions au quotidien, et un grand nombre de représentés – qui ne s’exprime qu’à l’occasion d’élections, à intervalles distants. Cette fracture est encore accrue par le langage de la politique, un langage crypté, inaccessible au non-initié. De ces caractéristiques découlent, selon Pia Mancini, un mélange entre  deux formes principales de réponse des citoyens aujourd’hui : le silence, c’est-à-dire l’abstention ; et le bruit, c’est-à-dire la tendance à la protestation.

Pour y remédier, elle propose d’instaurer un nouveau principe au coeur du système politique, à la place ou plutôt en complément du classique « No taxation without representation » : « No representation without a conversation », via une application, Democracy OS. L’application permet au citoyen de débattre des questions en discussion au Parlement, dans la perspective d’atteindre un consensus sur le sujet, et ensuite de voter, ou même de déléguer son vote à quelqu’un d’autre. Après avoir échoué à proposer leur idée aux principaux partis politiques, Pia Mancini et son équipe se sont finalement décidés à créer leur parti politique pour répercuter les idées des citoyens qui utilisent l’application.

A nos oreilles européennes, cette dernière étape rappelle le Mouvement 5 étoiles italien de Beppe Grillo, et les mots qui viennent à l’esprit sont immédiatement populisme, voire poujadisme. Mais à l’heure où certains grands partis politiques français se cherchent une nouvelle mission, un détour par le renforcement de la démocratie participative serait-il si injustifié ?

 

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