L’élection fédérale canadienne : triomphe du libéral Justin Trudeau

La 42e élection fédérale canadienne est un triomphe pour le parti libéral mené par Justin Trudeau1 : il bat les conservateurs sortants, obtient une majorité absolue de sièges (184 sur 338), efface son échec de 2011 et renvoie le NPD2 à son traditionnel statut de tiers parti. Le déclin du souverainisme est confirmé au Québec. Ce sont les prises de positions des libéraux et des néodémocrates sur l’économie durant la campagne qui ont été décisives quant à leurs capacités respectives à incarner une alternative face aux conservateurs sortants majoritairement rejetés.

La situation politique au début de la campagne3

En avril 2013, les libéraux se sont dotés d’un nouveau chef, Justin Trudeau, jeune (41 ans en avril 2013) député de Montréal depuis 2008. Ils ont alors bénéficié d’une très forte poussée dans les sondages qui les ont donnés largement en tête des intentions de vote, à plus de 40 % devant les conservateurs, reléguant le NPD à la troisième place autour de 20 %. Le désastre de 2011 semblait ainsi complètement effacé. Cette « Trudeaumania » s’est également concrétisée au profit des libéraux dans les élections partielles et provinciales. Mais cet « effet de popularité », courant dans les sondages hors élection au Canada, s’est dissipé à partir de mars 2015. Car l’opposition du NPD au vote de la loi C514 sur la sécurité et le terrorisme, considérée comme attentatoire aux libertés par une grande partie de l’opinion, loi que les libéraux ont soutenue, a permis aux néodémocrates, avec leur victoire surprise lors des élections provinciales du 5 mai 2015 en Alberta, de passer en tête des intentions de vote devant les conservateurs en déclin, reléguant les libéraux à la troisième place autour de 25 %5.

Les conservateurs étaient affaiblis par les difficultés économiques et les scandales6. La popularité de Stephen Harper avait considérablement décliné et une nette majorité d’électeurs indiquaient souhaiter un changement de gouvernement. Cependant Harper gardait la confiance du cœur de son électorat, autour de 30 %. Début août, au moment où la campagne électorale a commencé, les choses n’étaient pas jouées.

A l’ouverture de la campagne toutes les enquêtes indiquaient que le NPD était devenu un concurrent crédible pour l’exercice du pouvoir à Ottawa et qu’au Québec l’effondrement du Bloc s’accentuait. Toutefois, malgré leur recul considérable de mars à août 2015 dans les sondages, les libéraux restaient très au-dessus de leur résultat catastrophique de 2011 (18,9 %) et n’étaient pas irrémédiablement distancés par les conservateurs et le NPD.

La campagne électorale

La campagne a d’abord été centrée sur les programmes concernant l’économie, puis ensuite sur les valeurs (culturelles, identitaires). Avec la volonté majoritaire de changer de gouvernement, ce sont ces enjeux qui ont dominé dans le choix des électeurs, plus que l’image des leaders, dont l’évolution en a plus été la conséquence.

La première partie de début août à début septembre.

C’est dans la première partie de la campagne que les libéraux ont créé une dynamique décisive leur permettant d’apparaître comme les meilleurs agents du changement face au gouvernement conservateur de Stephen Harper, très majoritairement rejeté.

La première partie de la campagne, d’août à début septembre, a été centrée sur les programmes concernant la récession économique, préoccupation principale des électeurs7. Thomas Mulcair, comme les conservateurs, a promis un budget fédéral équilibré, illustrant la volonté de « responsabilité » du NPD, alors en tête dans les sondages, tout en proposant des extensions des programmes sociaux et une hausse des taxes sur les grandes entreprises. De son côté, Justin Trudeau n’a pas hésité à promettre une relance de l’économie par de l’investissement public, même au prix d’un déficit budgétaire, ainsi que des baisses d’impôt pour la classe moyenne financées par une augmentation sur les 1 % les plus riches. Les libéraux, qui ont mieux pris en compte les priorités économiques de la majorité des électeurs, qui préféraient nettement les investissements dans les infrastructures aux programmes sociaux dès mars 20158, ont ainsi dépassé le NPD sur sa gauche et sont apparus comme le meilleur vecteur du changement. Dès le début septembre, ils avaient inversé le rapport de forces avec les néodémocrates dans l’opinion concernant le partis le mieux placé pour répondre aux enjeux économiques9. Les libéraux, très mobilisés sur ce sujet, notamment avec l’engagement inhabituel10 de la Première ministre libérale de l’Ontario Kathleen Wynne aux côtés de Justin Trudeau, ont accusés le NPD de cacher qu’il devra couper dans les programmes sociaux pour maintenir l’équilibre budgétaire.

La seconde partie : septembre-octobre

Cette seconde partie de la campagne a vu l’irruption des enjeux portant sur les valeurs, d’ordre culturel et identitaire : réfugiés, islam, nationalité.

Quand la crise des réfugiés a fait irruption dans la campagne le 4 septembre avec les images du corps d’Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum11, les partis d’opposition ont dénoncé la politique migratoire des conservateurs12, les libéraux promettant d’accueillir 25 000 réfugiés syriens et les néodémocrates 10 000 d’ici la fin de l’année. A la mi-septembre, le Bloc québécois, en perdition dans les sondages au Québec, a violemment attaqué Thomas Mulcair sur la question du port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté. Comme une Cour fédérale, soutenue par le NPD et les libéraux, a rejeté un arrêté du gouvernement interdisant le port du niqab lors des cérémonies, les conservateurs et le Bloc veulent faire appel à la Cour Suprême et légiférer pour l’interdire. La grande majorité de l’opinion, en particulier au Québec, soutient l’interdiction. L’irruption de cet enjeu dans la campagne à la mi-septembre a correspondu à un net recul du NPD au profit des conservateurs et du Bloc au Québec.

L’offensive des conservateurs

L’offensive des conservateurs début septembre s’est développée sur plusieurs fronts : l’économie, les réfugiés, l’islam, la sécurité. Sur l’économie, les conservateurs ont accusé le NPD de ne pas être crédible13, de préparer des hausses d’impôt et les libéraux de vouloir creuser les déficits, alors qu’eux-mêmes, avec des surplus budgétaires cette année (1,9 milliards), offrent la perspective de baisses d’impôts et d’une réduction de la dette. Sur les réfugiés, les conservateurs ont défendu leur politique restrictive en mettant en avant les impératifs de sécurité (vérifier que des terroristes ne se mêlent pas aux réfugiés). De plus les conservateurs ont défendu l’engagement militaire face à l’Etat islamique en Irak et en Syrie, engagement critiqué par le NPD et les libéraux14 mais soutenu par le Bloc. Sur l’Islam, les conservateurs ont attaqué le NPD et les libéraux sur la question du niqab et ont de plus proposé de l’interdire dans les services publics fédéraux et de créer une Hotline permettant aux citoyens de dénoncer des « pratiques culturelles barbares ». Concernant la sécurité, les conservateurs ont défendu la loi C 51 sur la sécurité contre le terrorisme et ont accusé le NPD de préférer la défense des criminels à celle des victimes. Ayant privé de sa citoyenneté canadienne Zakaria Amara15, les conservateurs ont été accusé par les libéraux d’avoir créé des citoyens de seconde zone. Ils ont attaqué Justin Trudeau sur sa position favorable à la légalisation de la marijuana et rappelé qu’il avait avoué en avoir fumé, et l’ont accusé de vouloir ouvrir des salles de shoot et des bordels dans les quartiers populaires.

La réaction du NPD

Face à son déclin dans les sondages au profit des libéraux puis des conservateurs et du Bloc, qui l’avait relégué en troisième position, en risque de marginalisation, Thomas Mulcair a contre attaqué sur différents plans. Il a accusé Harper d’utiliser le niqab comme « arme de distraction massive » pour cacher son mauvais bilan, de mener une politique qui a creusé les inégalités et sacrifié les emplois industriels, de ne rien faire contre le réchauffement climatique (une priorité pour le NPD), et d’avoir trahi ses promesses de réforme du Sénat16. Il a attaqué Trudeau pour vouloir augmenter le fardeau des générations futures (la dette)17, pour avoir soutenu la loi C 51 « dangereuse pour les libertés », et de s’opposer à la suppression du Sénat. Il a également vivement critiqué l’accord de partenariat transpacifique (PTP)18 indiquant qu’il n’engagerait pas un gouvernement NPD et a accusé les libéraux de suivre Harper sur cette question. Enfin, il a repris la traditionnelle position « antisystème » du NPD19 insistant sur le fait qu’il est la seule force à pouvoir mettre fin à l’éternel jeu d’alternance au pouvoir « des deux vieux partis » libéraux et conservateurs, tentant ainsi de s’affirmer comme la seule force de changement véritable. Il a réagi à la démission le 14 septembre du coprésident de la campagne libérale Dan Gagnier, accusé de lobbysme en faveur de l’entreprise TransCanada20, en demandant aux électeurs de faire un vrai choix et de ne pas se limiter à « remplacer la corruption conservatrice par le gang qui nous a amené le scandale des commandites ». Mais il était trop tard. Dans les deux dernières semaines de campagne, la stratégie de « guerre culturelle » des conservateurs avait accentuée la volonté de la majorité des électeurs de les chasser du pouvoir, favorisant une polarisation des votes sur les libéraux et marginalisant le NPD.

Le Bloc et les Verts

Durant cette campagne, l’objectif du Bloc mené par Gilles Duceppe était de reconquérir le maximum d’électeurs perdus en 2011 vers le NPD. C’est pourquoi le Bloc s’est efforcé de combiner une critique de gauche de Harper sur l’économique, le social et l’environnement, et des attaques contre le NPD sur les questions identitaires, en particulier le niqab, dans la lignée des positions prises par le Parti québécois.

Les Verts menés une nouvelle fois par Elisabeth May, ont très fortement critiqué les conservateurs sur tous les sujets, considérant l’affaire du niqab comme un faux débat, la politique économique des conservateurs comme mauvaise et injuste, souhaitant l’abrogation de la loi C51, considérant la politique migratoire comme trop restrictive, accusant Harper de saboter la conférence de Paris sur le climat, et ont défendu le développement d’une économie verte et durable pouvant créer de nombreux emplois.

Les résultats

Avec 68,3 % de votants sur les inscrits, la participation électorale, en très forte hausse sur 2011 (+ 7 pts), est la plus importante depuis 22 ans (1993 : 70,9 %). Cette mobilisation exceptionnelle est le signe, en particulier chez les jeunes et les plus diplômés, d’une forte volonté de chasser les conservateurs du pouvoir. Les libéraux triomphent avec 39,5 % (+ 20,6 pts) et 184 sièges (+ 150) sur 338, redevenant le parti dominant de la scène fédérale canadienne, devançant largement les conservateurs et marginalisant le NPD. Le succès libéral est total, arrivant en tête dans 11 provinces ou territoires sur 13, obtenant la totalité des sièges dans les provinces de l’Atlantique (tableau IV), la majorité (40/78) au Québec pour la première fois depuis 35 ans21, 80 sur 121 dans l’Ontario, et arrivant en tête en Colombie-Britannique pour la première fois depuis 47 ans (1968). Hors Québec, les libéraux ont capitalisé tout le recul conservateur et renvoyé le NPD à son niveau d’avant 2011 et au Québec leur progression s’effectue pour l’essentiel aux dépens du NPD.

Avec 31,9 % et 99 sièges, les conservateurs sont pratiquement ramenés à leur résultat national de 2000, la première élection du nouveau parti. S’ils restent en tête dans deux provinces de l’Ouest, la Saskatchewan et l’Alberta, ils s’effondrent dans les provinces de l’Atlantique, perdant plus de la moitié de leurs pourcentage (18,9 % contre 37,9 % en 2011) et tous leurs sièges22. Dans l’Ontario, ils perdent 40 sièges et, avec 35 %, sont ramenés à leur pourcentage de voix de 2006. Ils ne progressent qu’au Québec où leur très modeste progression en voix leur permet une nette progression en sièges dans la région de la ville de Québec grâce au fort recul du NPD. Les conservateurs ont particulièrement été victimes du mécontentement des zones en difficultés économiques qui se sentent abandonnées ou injustement traitées, comme les provinces de l’Atlantiques et les régions rurales du Nord à fortes proportion d’autochtones des premières nations, dont le vote s’est partagé entre les libéraux et le NPD. Les conservateurs reculent au profit des libéraux dans les classes moyennes des grandes agglomérations, en particulier dans l’Ontario, à Toronto, et en Colombie-Britannique23 alors qu’ils résistent beaucoup mieux dans les zones rurales culturellement conservatrices de l’Ontario et de l’Ouest intérieur.

Avec 19,7 % (- 10,9 pts) et 44 sièges (-59) les néodémocrates subissent une nette défaite et ont la cruelle désillusion de se retrouver ramené à leur statut de tiers parti d’un système bipolaire libéraux/conservateurs, statut auquel ils croyaient avoir enfin échappé en 2011. Ils ne dépassent les 25 % des suffrages que dans la Colombie britannique (26 %), le Québec (25,4 %) et la Saskatchewan (25,1) et dans les territoires dépeuplés du Nunavut (26,5 %) et du Nord-Ouest (30,8 %). Au Québec, victimes des enjeux identitaires (niqab), mais surtout de la dynamique libérale, ils n’ont pu renouveler leur percée de 2011 mais restent cependant une force de premier plan, conservant ainsi une partie de l’acquis de 2011, surtout aux dépens du Bloc, avec un électorat réduit mais sans doute politiquement plus homogène et à gauche. Dans le reste du Canada, les résultats montrent non seulement une perte vers les libéraux de toute la progression de 2011, mais même souvent des pertes supplémentaires. La dynamique anti Harper et pro libérale est dominante dans ces pertes, mais ne suffit pas à toutes les expliquer. Il est particulièrement inquiétant pour le NPD que ses plus mauvais résultats soient obtenus dans les deux seules provinces qu’il dirige, le Manitoba (13,8 %) et l’Alberta (11,6 %) et que le plus fort recul dans les provinces de l’Atlantique soit observé en Nouvelle-Ecosse (16, 4 %, – 13,9), province qu’il a gouverné jusqu’en 2013. Ainsi l’échec ne s’explique pas seulement par l’insuffisance d’audace du programme économique, mais aussi par la déception des gestions provinciales. Ceci illustre doublement le fait que le NPD n’échappe pas à la crise générale de la social-démocratie et à l’épuisement de son projet, ce qui avait déjà été noté dès les années 1990. Rappelons en effet qu’après 1991, le NPD dirigeait les gouvernements provinciaux de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan. C’était près de la moitié des canadiens qui étaient gouvernés par la social-démocratie. Ces gouvernements, particulièrement en Ontario24 et en Colombie-Britannique, ont été des échecs qui ont contribué à la lourde défaite du NPD aux élections fédérales de 1993 (6,9 %). Depuis cette date les néodémocrates n’ont pas été plus capables qu’ailleurs de surmonter la crise idéologique et programmatique de la social-démocratie face au déclin de la croissance économique et au remplacement du paradigme keynésien par le néolibéralisme dès la fin des années 1970.

Le Bloc québécois obtient un résultat ambigu et décevant. Il progresse en sièges sur 2011 (10 contre 4)25 grâce au fort recul du NPD et évite la disparition complète. Mais son déclin en termes de suffrages avec 19,3 % (- 4,1), s’accentue et il obtient son plus mauvais résultat depuis 1993. Ses pertes dans l’électorat de gauche vers le NPD, surtout dans l’agglomération Montréal, ne sont pas compensées par sa récupération d’électeurs culturellement conservateurs ayant votés NPD en 2011. Son chef Gilles Duceppe échoue à reconquérir son ancienne circonscription à Montréal. Avec seulement 10 sièges le Bloc ne pourra pas former un groupe parlementaire26. Son incapacité à profiter du reflux du NPD est un nouveau signe de la crise du souverainisme.

Avec 3,5 % (- 0,4) les Verts restent électoralement marginaux et sont victimes de la dynamique libérale dans l’Ontario et l’Ouest. Cependant leur leader Elisabeth May est brillamment réélu en Colombie-Britannique.

Les conséquences politiques de l’élection

Avec 184 sièges sur 338 Justin Trudeau a obtenu un triomphe électoral qui lui permet d’affirmer un très fort leadership sur son parti qui renoue avec sa domination traditionnelle de la scène fédérale (le « parti naturel de gouvernement du Canada »). Il a rapidement marqué sa différence avec le gouvernement précédent en mettant fin à la participation canadienne aux opérations militaires contre l’Etat islamique et en invitant les partis d’opposition à participer à la délégation canadienne pour la Conférence sur le Climat de décembre 2015 à Paris. Chez les conservateurs, Stephen Harper a démissionné de la direction du parti le soir même de la défaite ouvrant ainsi le processus de sa succession. Il en a été de même au Bloc québécois alors qu’au NPD Thomas Mulcair reste en place.

Cette élection efface en grande partie les résultats de celle de 2011, qui paraît ainsi comme une élection déviante dominée par des facteurs conjoncturels, en particulier la forte impopularité du chef libéral du moment, dans une phase de réalignement ouverte en 2006 par la défaite des libéraux. Seul l’avenir nous dira si 2015 constitue l’élection de réalignement qui met fin à cette phase en fixant un nouvel ordre électoral marqué par le retour des libéraux comme force dominante au niveau fédéral27. On suivra avec attention la concrétisation de l’engagement de Justin Trudeau, réitéré après les résultats, de réformer le mode de scrutin, cette élection devant être la dernière avec le scrutin uninominal à un tour28.

Pierre Martin

Politologue au CNRS, laboratoire PACTE, IEP de Grenoble, chargé de mission à la FNSP.

1 Fils de l’ancien Premier ministre libéral Pierre-Eliott Trudeau (1968-1979, 1980-1984) décédé en 2000.

2 Nouveau Parti démocratique, d’orientations social-démocrate.

3 Pour un rappel du contexte historique et des enjeux de cette élection, voir Pierre Martin, « Les enjeux de l’élection fédérale canadienne du 19 octobre 2015 », La Reprise, 12 octobre 2015

4 Ce rôle du débat sur la loi C51 dans la montée du NPD aux dépens des libéraux est analysé dans l’enquête de l’institut EKOS du 12 juin 2015 « NDP Continues To Rise as Liberals and Conservatives Continue To Slide », p.4-6.

5 On peut suivre le bilan des évolutions intentions de vote durant toute la campagne dans l’enquête de l’institut Forum Research du 19 octobre p. 4.

6 En particulier la reprise en août du procès de Mike Duffy, sénateur exclu du caucus conservateur, accusé de fraude, abus de confiance et corruption, et qui a bénéficié d’un versement de 90 000 dollars de l’ancien chef de cabinet du Premier ministre en 2013.

7 Ceci est analysé en détail dans l’enquête de l’institut EKOS du 4 septembre 2015.

8 Par 46 % contre 17 %, enquête Nanos Canadians on the Economy and the Federal Government pour The Globe and Mail, 17 septembre 2015, p. 7.

9 Au 1er septembre, les libéraux sont à 28 %, les conservateurs à 28% et le NPD à 22 % sur cette question, contre 23 %, 28 % et 27 % le 11 août. Enquête EKOS du 4 septembre 2015, op.cit., p. 6.

10 D’habitude les chefs de gouvernements provinciaux restent discrets lors des élections fédérales et inversement afin de respecter les différences de compétences et de ne pas hypothéquer les nécessaires relations de travail entre les provinces et Ottawa.

11 Enfant syrien retrouvé mort par des policiers turcs ainsi que son frère et sa mère suite au naufrage de leur canot et dont la famille avait fait une demande d’émigration au Canada où se trouve sa tante.

12 L’ancien Premier ministre Jean Chrétien a déclaré le 12 septembre dans La Presse avoir « honte » de Stephen Harper.

13 En rappelant notamment les tristes bilans des gouvernements NPD en Ontario et en Colombie-Britannique dans les années 1990.

14 Le NPD s’oppose à tout engagement militaire hors du cadre de l’ONU et de l’OTAN, alors les libéraux sont plus nuancés, prônant une aide à l’organisation des forces armées locales.

15 Convaincu de complot terroriste dans le cadre de l’affaire des « 18 de Toronto » sa citoyenneté lui a été retirée le 26 septembre, première application d’une loi votée en mai 2015. Il conserve la citoyenneté jordanienne, pays où il peut être expulsé après avoir purgé sa peine.

16 Le Sénat canadien est l’une des dernières assemblées non élue. Les sénateurs sont nommés par le Premier ministre sans limitation de nombre. Stephen Harper qui avait promis de réformer le Sénat, a au contraire nommé un grand nombre de sénateurs pour renverser la majorité libérale.

17 Et a réclamé au contraire un plafonnement des taux des cartes de crédit.

18 Cet accord de libre échange a été conclu à Atlanta entre 12 pays de la zone Asie-Pacifique. Stephen Harper s’est félicité de la conclusion de l’accord le 5 octobre, qu’il a présenté comme un succès pour le Canada.

19 Que concrétise la volonté réaffirmée de suppression du Sénat.

20 Il s’agissait de conseils par courriels concernant la promotion du projet d’oléoduc Energie Est auprès d’un futur pouvoir libéral.

21 Depuis Pierre-Eliott Trudeau en 1980.

22 En particulier dans le Nouveau Brunswick dont ils détenaient 8 des 10 sièges.

23 Où, avec 30 %, ils perdent 15,6 pts sur 2011.

24 C.F Jean-Pierre Beaud et Guy Prévost, La social-démocratie en cette fin de siècle. Late Twentieth-Century Social Democracy, Montréal, Presses de l’Université du Québec, 1995.

25 Il n’avait que deux sortants en 2015 après deux défections en cours de mandat.

26 Ce qui nécessite 12 sièges.

27 Ce qui a été la caractéristique de tous les ordres électoraux du système partisan fédéral canadien depuis 1945 (1940-1957, 1963-1984, 1993-2006), chaque phase de réalignement correspondant à des gouvernements conservateurs (1957-1963, 1984-1993 et 2006-2015). Sur ce sujet voir Pierre Martin, Dynamiques partisanes et réalignements électoraux au Canada (1867-2004), op.cit.

28 Il semble que la préférence des libéraux aille au scrutin alternatif, mode de scrutin uninominal avec vote préférentiel utilisé en Australie pour l’élection des députés au parlement fédéral et dans les Etats, alors que le NPD (Thomas Mulcair) est plutôt favorable à la proportionnelle.

Tableau I : Ensemble Canada

2000

2004

2006

2008

2011

2015

Votants

61,2 (301)

60,5 (308)

64,7 (308)

58,8 (308)

61,3 (308)

68,3(338)

Bloc

10,7 (38)

12,4 (54)

10,5 (51)

10 (49)

6,1 (4)

4,7 (10)

Verts

4,3

4,5

6,8

3,9 (1)

3,5 (1)

NPD

8,5 (13)

15,7 (19)

17,5 (29)

18,2 (37)

30,6 (103)

19,7 (44)

Libéraux

40,8 (172)

36,7 (135)

30,2 (103)

26,2 (77)

18,9 (34)

39,5(184)

PC

12,2 (12)

All/Conservateurs

25,5 (66)

29,6 (99)

36,3 (124)

37,6 (143)

39,6 (166)

31,9 (99)

Autres

2,3

1,4 (1)

1 (1)

1,2 (2)

0,9

0,7

Tableau II : Québec

2000

2004

2006

2008

2011

2015

Votants

64,1 (75)

59 (75)

63,9 (75)

61,7 (75)

62,1 (75)

66,4 (78)

Bloc

39,9 (38)

48,9 (54)

42,1 (51)

38,1 (49)

23,4 (4)

19,3 (10)

Verts

3,3

4

3,5

2,1

2,3

NPD

1,8

4,6

7,5

12,2 (1)

42,9 (59)

25,4 (16)

Libéraux

44,2 (36)

33,9 (21)

20,7 (13)

23,7 (14)

14,2 (7)

35,7 (40)

PC

5,6 (1)

All/Conservateurs

6,2

8,8

24,6 (10)

21,7 (10)

16,5 (5)

16,7 (12)

Autres

2,3

0,7

1,1 (1)

0,8 (1)

0,9

0,6

Tableau III : Ontario

2000

2004

2006

2008

2011

2015

Votants

58 (103)

61,7 (106)

66,6 (106)

58,6 (106)

62,1 (106)

68,2(121)

Verts

4,4

4,7

8

3,8

2,9

NPD

8,3 (1)

18,1 (7)

19,4 (12)

18,2 (17)

25,6 (22)

16,6 (8)

Libéraux

51,5 (100)

44,7 (75)

39,9 (54)

33,8 (38)

25,3 (11)

44,8 (80)

PC

14,4

All/Conservateurs

23,6 (2)

31,5 (24)

35,1 (40)

39,2 (51)

44,4 (73)

35 (33)

Autres

2,2

1,3

0,9

0,9

0,9

0,5

Tableau IV : Provinces de l’Atlantique

2000

2004

2006

2008

2011

2015

Votants

63,7 (32)

60,1 (32)

64,5 (32)

58,8 (32)

62 (32)

70 (32)

Verts

3

2,3

6

3

3,5

NPD

16,6 (4)

22,6 (3)

22,7 (3)

26 (4)

29,5 (6)

18

Libéraux

40,7 (19)

43,8 (22)

39,9 (20)

35 (17)

29,3 (12)

58,7 (32)

PC

31,3 (9)

All/Conservateurs

10,2

30 (7)

34,5 (9)

29,6 (10)

37,9 (14)

18,9

Autres

1,2

0,6

0,6

3,4 (1)

0,3

0,8

Tableau V : Ouest et Nord

2000

2004

2006

2008

2011

2015

Votants

61,8 (91)

60,4 (95)

63 (95)

56,7 (95)

59,6 (95)

70,1(107)

Verts

5,4

5,3

8,5

5,9 (1)

5 (1)

NPD

12,5 (8)

20,4 (9)

22 (14)

21,5 (15)

26,5 (16)

19,5 (20)

Libéraux

25,4 (17)

27 (17)

22,8 (16)

16,4 (8)

12 (4)

31,4 (32)

PC

10 (2)

All/Conservateurs

49,6 (64)

45,3 (68)

48,4 (65)

52,3 (72)

54,5 (74)

43,1 (54)

Autres

2,5

1,9 (1)

1,5

1,3

1,1

1

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